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Metteurs en scène

 
 
 
     
 

Zhou Hao 周豪

Présentation

par Brigitte Duzan, 11 juillet 2026

 

Zhou Hao (周豪) [1] est un réalisateur chinois qui, après un long métrage en 2014, a tourné une série de courts métrage expérimentaux, films de fiction autant que documentaires, pour la plupart sous le label « queer cinema », qui ont été sélectionnés à la Berlinale comme aux festivals de Cannes, Locarno ou Rotterdam. Il est également producteur.

 

 

Zhou Hao

 

 

Originaire du sud-ouest de la Chine, il est diplômé du département de réalisation de l’Université des postes et télécommunications de Chongqing (重庆邮电大学编导系). Il travaille et filme entre la Chine et les États-Unis, où il est chargé de cours dans le département de théâtre, de cinéma et des arts des média du College of Arts and Sciences de l’université de l’Ohio.

 

Premier long métrage : The Night

 

Son premier long métrage, « The Night » (《夜》), a été sélectionné en février 2014 à la Berlinale, dans la section Panorama. Ce premier film est une introduction à l’univers de Zhou Hao : un homosexuel arpente les rues, la nuit, en épiant les couples qui se forment dans l’obscurité ; il rencontre une jeune prostituée qui vient d’arriver dans cette ville, se lie d’amitié avec elle et poursuit son errance nocturne avec elle et bientôt un partenaire gay… Le film est construit sur un fond musical qui contribue à l’atmosphère : « Rose, Rose I love you with an aching heart… What is your future ? Now we have to part… »

 

En 2017, Zhou Hao en a coproduit une adaptation théâtrale qui a été représentée au Tokyo Metropolitan Theatre (東京芸術劇場). 

 

 

The Night, bande annonce

 

Il s’est ensuite orienté vers le court métrage et en a réalisé un par an à partir de 2021.

 

Courts métrages

 

2021 : Frozen Out (《无地自容》) 5’

 

Un réalisateur qui peine à trouver ses marques dans un pays étranger se retire dans des solitudes glacées de prairies et de forêts, pour tenter d’échapper à son angoisse en trouvant des histoires qui lui donnent un sens. Le film est narré comme une lettre à sa jeune sœur qui vit toujours dans sa région natale. Le film, que l’on devine autobiographique, est en dialecte de Nanchuan (南川话), un district de Chongqing en bordure du Guizhou. Le titre chinois - wú dì zì róng 无地自容 – est une expression signifiant « être trop honteux pour se montrer, vouloir rentrer sous terre ».

 

Le film est sorti fin juillet 2021 au festival FIRST de Xining.

 

2022 : Future Flowers (《未来的花朵》) 10’

 

Un homme, une femme, peut-être un couple, mènent des existences séparées, liées par un programme commun, comme un chantier en construction.  Le film est en noir et blanc.

 

 

Future Flowers

 

 

2023 : Here,  Hopefully, 11’

 

Tourné aux États-Unis, ce documentaire dépeint les espoirs d’une jeune étudiante infirmière chinoise « non-binaire », qui tente de s’affirmer comme telle tout en essayant d’obtenir un visa de travail.

 

2024 : Wouldn’t Make It Any Other Way,  20’.

 

Autre film tourné aux États-Unis. Un jeune femme queer qui aspire à devenir créatrice de costumes et vit dans une ville du middle-west américain décide de revenir dans l’île de Guam où elle est née : tout en rétablissant des liens avec ses parents qu’elle n’a pas vus depuis des années, elle espère pouvoir créer des costumes pour enfants pour le théâtre local.

 

C’est un court métrage expérimental : le montage suit une construction en séquences alternées, fondées sur le dialogue plutôt que l’action, avec un subtil chevauchement entre séquences : les questions posées dans une scène ont leur réponse dans une autre, parfois dans un contexte différents, procédé qui tend à créer un espace unifié.

 

 

Wouldn’t Make It Any Other Way, trailer

 

2024 : Like What Would Sorrow Look (《愁何狀》), 18’

 

De retour en Chine, Zhou Hao revient vers des sujets chinois, mais avec toujours la même thématique LGBTQ+. Un jeune Chinois retrouve celui qui fut son ami, un Américain maintenant professeur dans une université chinoise. Il renoue avec lui, mais sa fiancée travaille au département de propagande de l’université et découvre son secret. Le titre chinois – chóu hé zhuàng 愁何狀  –  signifie : « quelle forme a la tristesse ? », où chóu  est à la fois souci, tracas, chagrin et affliction, donc difficile à cerner.

 

Coproduction Japon-Allemagne-Canada, en noir et blanc et en couleur, le film est sorti en août 2024 au festival de Locarno, dans la section Pardi di Domani.

 

 

Like What Would Sorrow Look

 

 

2025 : Correct Me If I’m Wrong (《如你所愿》),  23’

 

Le réalisateur nous montre ici les tentatives de sa famille pour le « redresser », le « guérir » de son homosexualité. Sa grand-mère pense qu’il est possédé par un démon, un esprit maléfique (“邪灵附体”) : le bébé fille dont sa mère a avorté avant de lui donner naissance et qui cherche à se venger. Partagée entre amour, compassion et superstition, la famille a donc recours à tout ce qu’il est possible de faire en matière de prières et de rituels pour le « purifier »… et assurer en même temps l’avenir de la lignée.

 

Ce court métrage documentaire autobiographique a été tourné pendant une année, Zhou Hao étant à la fois le cobaye et l’observateur. On n’avait pas encore tourné un film aussi réaliste en Chine sur les superstitions entourant l’homosexualité, qui remontent à des croyances ancestrales aux esprits et à leur emprise sur les vivants [2]. Il est sorti en février 2025 au festival de Rotterdam.

 

 

Correct Me If I’m Wrong, trailer

 

2026 : At the Stage When (《此时此刻》), 16’

 

Ce court métrage documentaire revient vers le sujet des traditions ancrées dans les modes de vie autant que dans les esprits. Dans une mégalopole ultra-moderne à l’image de Chongqing, un couple de nouveaux mariés voit resurgir des réflexes traditionnels dans leurs relations intimes – même aujourd’hui, en ce temps à cette heure, comme dit le titre chinois (cǐshí cǐkè 此时此刻).

 

 

At the Stage When

 

 

2026 : Already Happened (Shíhòu《时后》) 18’

 

Ce nouveau film est en compétition au 79e festival de Locarno dans la section Corti d’Autore (courts métrages d’auteurs). On pourrait l’intituler « A Posteriori »…

 

 


 


[1] Nom très répandu, mais à ne pas confondre, surtout, avec le documentariste de Datong Zhou Hao (周浩).

En outre, on trouve le réalisateur très souvent sous le nom de Hao Zhou, en inversant patronyme et prénom à l’américaine, y compris sur certaines affiches, ce qui ne facilite pas les recherches sur le réalisateur.

[2] Les esprits sont même très sérieusement pris en compte dans les traitements de la médecine  traditionnelle chinoise comme le montre Paul U. Unschuld dans son ouvrage « Medicine in China. A History of Ideas », University of California Press, 1985/2010. C’est ce qu’il appelle “Demonic Medicine”.

 

     

 

 

 
     
     
     
     
     
     
     
     

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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