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Zhang Zhongchen
张中臣
Présentation
par
Brigitte Duzan, 24 janvier 2026
Formé
sur le tas alors qu’il était agent de sécurité à l’Institut
du cinéma de Pékin, Zhang Zhongchen (张中臣)
a réalisé son premier long métrage en 2021. Son univers
cinématographique est celui de la campagne où il est né et
où il a grandi, avec tous les secrets et l’imaginaire qui
lui sont liés.
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Zhang Zhongchen |
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Zhang
Zhongchen est né en mars 1991 dans l’Anhui et, après ses
études secondaires, a travaillé en usine. En 2011, il s’est
installé à Pékin avec son frère et tous les deux ont été
engagés comme gardiens à l’Institut du cinéma de Pékin. À
ses heures de loisirs, il a pu assister à des conférences et
à des cours au point d’être captivé par le cinéma et de
passer son temps libre à regarder des films. En même temps,
il a appris le montage numérique sur un ordinateur acheté
avec ses économies.
En
2015, il est devenu monteur. C’est lui, par exemple, qui a
monté « MaMa » (《妈妈和七天的时间》)
de la réalisatrice
Li Dongmei (李冬梅)
sorti en 2020 et « One Man Funeral » (《一个人的葬礼》)
de
Chao Fan (超凡)
sorti en 2023 mais présenté au festival FIRST de Xining en
2021. Autant de films qui lui ressemblent, en quelque sorte.
En
2021, Zhang Zhongchen tournait alors son premier film, « The
White Cow » (《最后的告别》),
qui a décroché le double prix du meilleur film et du
meilleur réalisateur au festival FIRST.
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The White Cow |
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On
pourrait dire que ce film est un exercice sur le mutisme :
un homme solitaire avec son chien, une femme qui vit avec sa
fille sans lui parler, un garçon sourd-muet, tous les
personnages sont mutiques, ce qui peut être une image
claustrophobique de la société chinoise. Leur
incommunicabilité tient en fait à de profonds problèmes
psychologiques qui affleurent dans la deuxième partie du
film.
Quand
ce premier film est sorti sur les écrans chinois, le 21
décembre 2024, Zhang Zhongchen avait déjà terminé son
deuxième long métrage, Nighttime Sounds » (《你的眼睛比太阳明亮》).
Il est sorti en première mondiale au festival de San
Sebastián en 2025 et a ensuite été primé au festival de
Pingyao (prix du meilleur réalisateur) avant d’être
sélectionné pour
l’édition 2026 du festival Allers-Retours
à
Paris.
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Nighttime Sounds |
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Inspiré de l’enfance du réalisateur, ce deuxième film traite
du destin et de la vie des femmes vivant à la campagne et de
leurs enfants. Il peut être considéré comme une sorte de
séquelle, plus élaborée, du précédent. L’histoire est
contée, entre imaginaire et surnaturel, du point de vue
d’une petite fille de huit ans dont le père est parti
travailler en ville et dont la mère a eu une autre petite
fille, qu’elle a été obligée de donner à élever à une autre
femme – passé traumatique dans un présent difficile à vivre.
La petite fille est hantée par les apparitions d’un petit
garçon fantomatique qui semble à la recherche de sa mère…
Mais le village lui-même est hanté par les ruines de
vieilles statues datant des Song qui bordent les champs…
Tout le monde vit dans un monde peuplé de fantômes du passé,
entre souvenirs refoulés et superstitions, un monde dont les
enfants ne peuvent percevoir les secrets que par bribes.
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