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Metteurs en scène

 
 
 
     
 

Huang Jianxin 黄建新

Présentation

par Brigitte Duzan, 28 février 2012

 

Huang Jianxin est aujourd’hui surtout connu comme le coréalisateur, avec le grand chef du China Film Group Han Sanping (韩三平), des deux grosses productions récemment réalisées à la gloire du Parti et de la République : « The Founding of a Nation » (《建国大业》) en 2009, pour commémorer le soixantième anniversaire de la fondation de la République populaire, et « Beginning of the Great Revival » (建党伟业) en 2011, pour marquer le 90ème anniversaire de la fondation du Parti.

 

Il doit cet honneur au fait qu’il est le directeur de la quatrième unité de production du China Film Group, la plus grosse société de production cinématographique aujourd’hui en Chine, toujours fermement sous contrôle de l’Etat. Il fut pourtant l’un des plus brillants et des plus remuants des jeunes réalisateurs frais émoulus de l’Académie du cinéma de Pékin en 1983.

 

Huang Jianxin

 

Construire du neuf

 

Son prénom, Jianxin (建新), signifie “construire du neuf”. Son principal objectif au début de sa carrière a été de se démarquer du reste des réalisateurs de sa génération, la cinquième. Et il y est assez bien parvenu.

 

Formation

 

Il est né en 1954 à Xi’an (西安), et son parcours a ensuite été assez courant à l’époque : engagé dans l’armée à seize ans, il a été un temps photographe amateur avant de reprendre ses études à l’université du Nord-Ouest, en 1975.

 

Il est ensuite entré au studio de Xi'an, comme monteur et ‘scripte’. En 1980, il est choisi comme secrétaire de plateau

 

Han Sanping

 

The 10th Bullet Scar

 

sur le tournage du film d’Ai Shui (艾水) de « The Tenth Bullet Scar » (第十个弹孔), film qui va déterminer sa carrière, en lui donnant envie d’être metteur en scène lui-même. Il aura aussi une influence primordiale sur ses débuts : c’est en effet l’un des premiers films policiers à être tournés en Chine, au moment où le cinéma chinois amorce sa modernisation et le début de sa diversification, dès la fin des années 1970, mais un film assez typique de l’époque : il consiste en une enquête sur un acte criminel aboutissant à l’identification d’une cause remontant à la Révolution culturelle. Huang Jianxin reprendra le genre pour son premier film, mais en en pervertissant le modèle.

 

Il devient ensuite assistant réalisateur sur le tournage de plusieurs films dont « La rivière sans balises » (没有航标的河流) sorti en 1983. Le film est de Wu Tianming (吴天明),

et c’est Wu Tianming, justement, qui produira son premier film, au studio de Xia’an, lui servant de mentor comme à tant d’autres.

 

Premiers films

 

En attendant, Huang Jianxin va parfaire sa formation à l’Académie du cinéma de Pékin et, quand il en sort, en 1983, accède enfin au poste de metteur en scène. C’est alors qu’il entreprend le projet de son premier film, qui sortira en 1985 : « The Black Cannon Incident » (《黑炮事件》).  Résolument avant-gardiste dans le fond comme dans la forme, ce film pose tout de suite Huang Jianxin en trublion du 7ème art, à une époque de grande effervescence créatrice en Chine.

 

Le personnage principal, interprète dans une entreprise chinoise, est en contact avec l’étranger ; il n’en faut pas plus pour éveiller la suspicion un jour qu’il envoie un

 

 

La rivière sans balises

 

The Black Cannon Incident

 

télégramme demandant qu’on lui retrouve le « canon noir ». Ce n’est qu’une pièce d’échec, mais le message elliptique le fait soupçonner d’espionnage… C’est d’un humour décapant, le genre de film qu’on aurait du mal à réaliser dans les conditions de censure actuelles en Chine. Cet humour va être la marque de fabrique des prochains films du réalisateur.

 

Huang Jianxin récidive l’année suivante en tournant une suite, « Dislocation » (《错位》), dont la satire est tout aussi acerbe. Fatigué des réunions interminables et répétées auxquelles il est soumis, l’interprète du film précédent, devenu le chef d’une grosse entreprise, se construit un robot pour qu’il prenne sa place. Tout va bien jusqu’au jour où le robot décide de mener une vie indépendante, et se met à agir de façon différente de celle de son créateur.

 

Pour son troisième film, il adapte une nouvelle de Wang Shuo (王朔), trublion, lui, de la littérature et extrêmement

Dislocation

 

populaire en ces années de « fièvre culturelle » (1) : « Samsâra » (《轮回》) est une réflexion sur l’avenir sans guère d’espoir d’un personnage typique de l’univers déjanté de Wang Shuo, où le concept bouddhiste n’est qu’une métaphore (2). C’est un film qui reflète la période, mais une réflexion qui tourne court (alors que le film, lui, est très long) ; il y manque la dose d’humour qui faisait une bonne partie de l’intérêt du style des deux films précédents.

 

Le durcissement politique au lendemain des événements de Tian’anmen, en juin 1989, poussent Huang Jianxin à partir. Il va passer un an en Australie, mais il fait déjà figure de précurseur de la génération de réalisateurs qui va émerger à partir de 1990, par son choix de sujets urbains, résolument à contre-courant des thèmes traités par les réalisateurs de la cinquième génération. Il ne les traite cependant pas à la

manière réaliste qui va être le propre des cinéastes des années 1990, très marqués par le style documentaire. Huang Jianxin a le ton ironique des satiristes.

 

Rester dans le système

 

Quand il rentre en Chine, il continue dans sa veine humoristique avec une peinture de la vie dans les petites villes de province, sous forme d’une trilogie réalisée entre 1993 et 1996. Il se tourne alors vers les comédies légères qui vont être l’une des solutions retenues par le cinéma chinois pour sortir de sa crise financière. C’est le moment où l’étau se resserre sur les réalisateurs, où Feng Xiaogang (冯小刚) se retrouve aux prises avec la censure, et voit, en 1997, sa société de production acculée à la faillite et fermée.

 

La voie de la comédie

   

The Wooden Man’s Bride, 1993

 

Il faut choisir : rester dans le système, en en acceptant les contraintes, ou choisir l’indépendance, avec d’autres contraintes. Huang Jianxin fait le même choix que Feng Xiaogang : ce sera la voie de la sécurité. La connivence entre les deux réalisateurs est claire : Feng Xiaogang joue dans le film de Huang Jianxin sorti en 2001, « Who Cares ? » (《谁说我不在乎》) et Huang Jianxin est le producteur de « Big Shot’s Funeral » (《大腕》), sorti la même année.

 

Il ne s’agit cependant pas seulement de sécurité : tous deux espèrent pouvoir prouver qu’on peut continuer à faire un cinéma original tout en travaillant dans le système. Les choix sont cependant dorénavant limités. Huang Jianxin participe au développement du marché de la comédie, et en particulier de la comédie de fin d’année, dont les « industriels » du

 

Surveillance, 1996

cinéma attendent une reconquête du public. Mais Feng Xiaogang se révèle vite le maître incontesté sur un marché qui devient en outre extrêmement concurrentiel. L’avenir, pour Huang Jianxin, semble être ailleurs.

 

La voie du blockbuster officiel

 

Désormais producteur et maître d’une unité de production du tout puissant China Film Group, Huang Jianxin s’est reconverti un temps dans le blockbuster institutionnel auquel il a donné, il faut bien le dire, un certain style, un défi comme un autre. C’est grâce à des réalisateurs comme lui que le cinéma officiel chinois peut devenir un cinéma commercial efficace qui, dûment médiatisé, affiche de bons résultats au box office.

 

Il semble cependant vouloir renouer avec la comédie pour son prochain film, annoncé comme une adaptation du roman

 

Who Cares, 2001 (Feng Gong et Lü Liping, avec Feng Xiaogang à droite)

satirique de Yan Geling (严歌苓) : « The banquet bug » (《赴宴者》) (3).

 

 

Notes

(1) Sur Wang Shuo, voir :

http://www.chinese-shortstories.com/Auteurs_de_a_z_Wang_Shuo.htm

(2) A ne pas confondre avec le film réalisé en 2001 par le réalisateur indien Pan Nalin.

(3) Voir http://www.chinese-shortstories.com/Actualites_8.htm

 

 

Filmographie 

 

1985 《黑炮事件》            The Black Cannon Incident

1986《错位》                  Dislocation

 

Beginning of the Great Revival

1988《轮回》                  Samsâra

1992《站直啰!别趴下》     Stand Up, Don’t Bend Over

1993《五魁》                  The Wooden Man’s Bride

1994《背靠背,脸对脸》     Back to Back, Face to Face

1995《红灯停绿灯行》        Signal Left, Turn Right

1996《埋伏》                  Surveillance

1997《睡不着》                Xi’an’s finest   

1999《说出你的秘密》        Tell me Your Secret

2001《谁说我不在乎》        Who Cares ?   

2005《求求你,表扬我》     Gimme Cudos

2009《建国大业》             The Founding of the Republic

                                   codirected with Han Sanping

2011 建党伟业            Beginning of the Great Revival

                                   id.

 

Huang Jianxin est également l’auteur de nombreux articles de critique cinématographique.

 

Huang Jianxin aujourd’hui

 

 

 

 

 

 

 

 
     
     
     
     
     
     
     
     

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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